Risque de vie publique jusqu’à aimer l’autre
par Gérard Larcher
Entretien vidéo
Entretien livre
Risque d’engagement dans la vie publique jusqu’à aimer l’autre.
Extraits
« Le plus beau risque dans la vie c'est le jour où j'ai décidé de m'engager dans la vie publique. La notion de service des autres avait du sens pour moi parce que je suis le croisement d'un engagement très jeune comme militant gaulliste et aussi comme chrétien. C'est cette addition entre christianisme social et engagement gaulliste pour mon pays. Je suis ce croisement-là.
Ce qui est plus grand que moi est qu’il faut donner beaucoup à cet engagement et parfois au détriment de la vie personnelle, de la vie familiale. Je suis en fait meilleur grand-père que je n'ai été père.
Je suis là comme une chaîne d'action avec une dimension particulière qui est que, n'étant pas là que pour moi-même, l'autre a du sens. Je n'imagine pas une vie que pour soi.
Le goût de vivre je l'ai tous les jours. Avoir le goût de vivre est une chance formidable. La confrontation n'est pas un mal. La chance de la synthèse cela existe aussi. Ce n’est pas une affaire d'humilité ou de fierté, c'est d'être au service.
La commune est la petite République dans la grande. C’est la première des écoles de la relation, de proximité, de la citoyenneté. Je ne dis pas que je suis converti, je suis chrétien.
Le cheval faisait partie de ma vie, de mon enfance et de mes origines rurales.
Ce n'est pas la libération, c'est la libération des énergies de la France. Les territoires sont un lieu fantastique d'énergie. La chance c'est d'avoir une fenêtre ouverte sur le monde.
Le repas nous renvoie au partage, à la rencontre et quelque part à un temps apaisé. Ce n’est pas anormal que dans la plupart des religions le temps du repas permette de faire collectif.
La 4L c'est la filiation avec mon père. C'était sa voiture. Sa voiture de maire d'un village rural, sa voiture quand il allait à la chasse à la bécasse. Si je roule dedans ce n’est pas simplement une nostalgie, c'est une fidélité.
Quand un pays assassine son propre peuple, quand il y a une forme de terrorisme d'État, on est au bout de la capacité à se souhaiter « La paix soit avec vous ».
Le difficile vous aide à vous surpasser, donc le difficile c'est plutôt positif. Le facile peut vous conduire parfois à une forme de relâchement. J’évite de sacraliser trop.
J'ai envie que se transfèrent de génération en génération un certain nombre de choses. La première des choses c'est ma famille.
Le général De Gaulle, peut-être que c’était presque trop d'admiration, mais je ne la regrette pas.
Il faut faire attention quand on demande ce qui ne respecte pas l'autre. La chance, c'est l'autre. »
Témoignage en Risque de Chance, le 11/03/2026 au Sénat de Gérard Larcher, ex-vétérinaire du terroir, ex-Ministre du travail, Président du Sénat, homme de conviction engagé.
En tant que Président du Sénat, ancien ministre du travail, époux, Papa, homme engagé etc., pouvez-vous me dire quel est le plus beau risque dans la vie svp ?
Le plus beau risque dans la vie c'est difficile au singulier, mais c'est le jour où j'ai décidé de franchir le pas et de m'engager dans la vie publique. Pour ma mairie, pour ma ville et pour les citoyens qui m'entouraient. J'étais vétérinaire, heureux dans mon métier de vétérinaire, épanoui dans ma vie personnelle et je me suis dit « Va au service des autres ». Cela peut paraître présomptueux mais la notion de service des autres avait du sens pour moi parce que je suis le croisement d'un engagement très jeune comme militant gaulliste et aussi comme chrétien. C'est cette addition entre christianisme social et engagement gaulliste pour mon pays.
Avez-vous un exemple vécu ?
Dans cet engagement-là il y a toujours un moment où vous pouvez être tiraillé. En fait j'ai conjugué mon gaullisme avec le christianisme social en m’engageant dans la dimension notamment du gaullisme social ce qui m’a amené à me retrouver ministre du Travail dans un dialogue avec les partenaires sociaux, ou président des hôpitaux publics dans un dialogue avec toutes les organisations représentatives, des professionnels, des salariés. Je suis ce croisement-là.
Comment avez-vous vécu cet engagement, comment le vivez-vous et qu'est-ce qui est vraiment important pour vous, voire plus grand que vous ?
Ce qui est plus grand que moi est qu’il faut donner beaucoup à cet engagement et parfois au détriment de la vie personnelle, de la vie familiale. Donc parfois j'ai eu le sentiment que cet engagement était un peu déséquilibré. Sans faire d'aveu personnel j'ai le sentiment en direction de mes enfants par exemple d'avoir été parfois trop peu présent. Je suis en fait meilleur grand-père que je n'ai été père.
Bienvenue au club (Sourire 😊)
Quelle est votre contribution au monde, votre mission, votre vocation ? Je l'appelle votre étoile, pour répondre à la question simple de mon livre « Que fais-tu là sur le passage » ?
Ce que je fais là d'abord est qu'avec des milliers et des milliers d'autres femmes et hommes je ne suis pas là que pour moi-même. Je suis là comme une chaîne d'action avec une dimension particulière qui est que n'étant pas là que pour moi-même, l'autre a du sens. Et l'autre a du sens s’il commence dans ma vie quotidienne. Mon épouse, les enfants, les voisins, les amis, ceux que je croise dans ma vie publique mais aussi dans mes loisirs à la pêche, à la chasse, dans l'agriculture. Je n'imagine pas une vie que pour soi.
Que reconnaissez-vous en vous-même, par vous-même qui vous donne le goût de vivre ?
(Rire 😉) Le goût de vivre je l'ai tous les jours. Avoir le goût de vivre est une chance formidable, une chance formidable quand je me compare à ceux qui ont des difficultés dans la vie. Dernière nous, là sur cette photo, c’est un rassemblement récent de sénateurs pour le soutien au peuple iranien au mois de janvier dernier. Elle est derrière un vase iranien d'ailleurs. Cette photo est assez fantastique quand je pense à ces dizaines de milliers d'Iraniens qui ont été abattus dans une répression féroce tout simplement parce qu'ils avaient envie de vivre libres. Cela donne du sens quoi.
Livre d'Or et trace magique
Sur un petit carnet d'or chaque témoin a laissé sa trace du jolie moment de vie partagé lors de l'entretien.

« Témoignage de la Chance, de l'Espérance.
Un moment partagé en résonance.
Bien à vous.
Gérard Larcher »


