Risque de s'engager

par Jeanne Siaud-Facchin

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Risque de s’engager, par Jeanne Siaud-Facchin.


« Le seul vrai risque que l’on prenne dans la vie c’est de s’engager, sans éviter les chocs de la rencontre, à travers l’amour, l’engagement, la peur. »


Témoignage Risque de Chance de Jeanne Siaud-Facchin, psychologue intégrative des surdoués, le 12/07/2019 à Paris.

Chère Jeanne, dans ton parcours de femme et de psychologue, peux-tu me dire, s’il te plaît, quel est le plus beau risque dans la vie ?

C’est une question très simple ! Le plus grand risque dans la vie, c’est d’aimer. C’est le vrai risque de la vie. Malgré tout ce que l’on peut en dire, malgré tout ce qui en a été écrit, chanté, théorisé, dans la réalité, dans le fond l’amour est le seul vrai risque que l’on prenne. Nous avons tous peur. Nous sommes sur une ligne de vie tendue entre la naissance et la mort. La seule possibilité que l’on ait, qui que l’on soit, quoi que l’on fasse, c’est d’aimer. On utilise le mot amour en français de façon très différente. On aime les pains au chocolat, un homme ou une femme, ses enfants, ses parents, le temps qu’il fait, partir en vacances à la mer ou à la montagne, s’habiller de telle ou telle façon, on aime son job ou on ne l’aime pas. Toute la vie est articulée autour du verbe aimer.

 

Dans ce mot aimer, ce qui est directement lié à la notion de risque, c’est l’engagement. Le seul vrai risque que l’on prenne dans la vie, c’est de s’engager. Sinon, il ne se passe rien.

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Face au difficile, n’est-ce pas souvent en s’ouvrant à tout autre chose que les solutions naissent ?

Je n’en suis pas sûre. Face au difficile, il faut déjà prendre en compte le difficile. Il ne s’agit pas de dire : « Finalement, ce n’est pas aussi difficile que ça » et de tenter de rationaliser le difficile, de le mettre à distance par rapport à la vie des autres, etc. Je ne pense pas que ce soit le bon mécanisme psychologique. Le mécanisme psychologique le plus adapté, le plus ajusté est de dire : « Oui, là je suis blessé, là j’ai mal, c’est douloureux, c’est difficile, mais j’ai deux possibilités : soit, je me focalise totalement sur ma souffrance et je ne vois plus qu’autour d’elle il existe mille et un possibles. Soit, je m’ouvre aussi à ce qu’il y a autour. À ce moment-là, tout en souffrant, je pourrai explorer d’autres pistes. » Et petit à petit la vie va faire son chemin, opérer sa propre alchimie. En vérité la vie est plus forte que nous. Elle brasse. Elle fait son job de vie. On croit toujours que l’on peut tout maîtriser, mais il n’est pas possible d’imaginer tout contrôler en notant les difficultés sur une échelle de 1 à 9 ! Cela ne marche pas comme ça. Quand on a vécu un drame et que l’on souffre, il faut être hyper gentil avec sa souffrance. Être doux, bienveillant, la caresser, la prendre dans les bras, lui dire : « Je sais que tu es là. » Surtout ne pas la négliger.

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Livre d'Or et trace magique 

Sur un petit carnet d'or chaque témoin a laissé sa trace du jolie moment de vie partagé lors de l'entretien.

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« Juste merci.

Je pourrais dire Merci pour ce moment mais…c’est déjà pris !

Alors je dirais Merci pour ce projet et qu’il aille où la vie l’emmènera.

Je t’embrasse. »

 

Jeanne